Psychohenealogie

Réflexions sur la nature de la genealogie comme un systeme dynamique

Tom Pelletreau-Duris · 2020-05-05

(1) Proust, du côté de chez Swann. "un édifice occupant, si l’on peut dire, un espace à quatre dimensions — la quatrième étant celle du Temps — déployant à travers les siècles son vaisseau qui, de travée en travée, de chapelle en chapelle, semblait vaincre et franchir, non pas seulement quelques mètres, mais des époques successives d’où il sortait victorieux"

Pourquoi la psychogenealogie fonctionne ?

Parce qu'une structure familiale fonctionne comme un cerveau, c'est un réseau interconnecté qui répond au principe d'autonomie (loi propre, génération, régulation interne, conatus, affirmation de sa propre identité) à un niveau transgenerationnel, il faut imaginer la structure familiale comme un vaisseau (1)qui traverse le temps comme un objet traverse l'espace, comme un être vivant désir quelque chose. Ce désir, inconscient, il nait de ce manque, de cette complémentarité qui se résorbe de génération en génération (quand tout va bien) par la quête de l'être aimé (une liaison d'amour créer de la cohésion. Et d'ailleurs ne dit on pas qu'il y a quelque chose de l'ordre de la complémentarité inconsciente dans l'amour (lacan).) Et donc, cette structure se définit par l'interconnexion de ses parties. Interconnexion qui se manifeste par la complémentarité des caractères, des vices, des façons de voir le monde, et par le jeu d'equilibriste que joue la marche des générations (opposition, intégration, dépassement). Dans cette structure il peut y avoir problème. Quand une personne est occultée, mis à l'écart d'une manière ou d'une autre, du système, alors il arrive souvent que les personnes les plus sensibles prennent inconsciemment la place de ceux qui ne sont plus là. Par exemple, c'est fréquemment que lorsqu'un parent à coupé les liens avec son père ou sa mère, que l'enfant de ce même parent se retrouve inconsciemment à reproduire certaines façons d'être du grand parent.

Cela est très logique et nous pouvons facilement l'intuitionner en s'arrêtant deux secondes sur le fonctionnement des plantes. Comme elles, nous sommes soumis aux même lois de l'univers. Nous pouvons aussi comprendre cela par l'analogie avec la plasticité cérébrale. Le cerveau et la plante sont organisé en réseau de ramification, tout comme nos pensées. Lorsqu'un noeud ou une branche de l'arbre est occulté. Mais que le système dans son ensemble a lui besoin de persévérer dans son être. La fonction orchestrée par la partie du système qui n'est plus dans le système finie, d'une manière plus ou moins efficace et plus ou moins cohérente, à être orchestrée par les parties nouvelles, par les nouvelles cellules, les nouvelles branches en train de pousser.

--- English version (translated using Claude Sonnet 4.6)

(1) Proust, Swann's Way. "a structure occupying, if one may say so, a four-dimensional space — the fourth being that of Time — unfolding across the centuries its nave which, from bay to bay, from chapel to chapel, seemed to overcome and traverse not merely a few metres, but successive epochs from which it emerged victorious."

Why does psychogenealogy work? Because a family structure functions like a brain — it is an interconnected network governed by the principle of autonomy (its own law, generation, internal regulation, conatus, the affirmation of its own identity) at a transgenerational level. One must imagine the family structure as a vessel (1) that crosses time the way an object crosses space, the way a living being desires something. This desire, unconscious, is born of a lack, of a complementarity that resolves itself from generation to generation (when things go well) through the search for the beloved — a bond of love creates cohesion. And indeed, is it not said that there is something of the order of unconscious complementarity in love (Lacan)? This structure is therefore defined by the interconnection of its parts — an interconnection that manifests through the complementarity of characters, of vices, of ways of seeing the world, and through the balancing act performed by the march of generations (opposition, integration, transcendence). Within this structure, problems can arise. When a person is concealed or excluded in one way or another from the system, it frequently happens that the most sensitive individuals unconsciously take the place of those who are no longer there. For instance, it is common that when a parent has severed ties with their own father or mother, that parent's child unconsciously ends up reproducing certain ways of being of the grandparent. This is entirely logical, and we can easily intuit it by pausing for a moment on how plants function. Like them, we are subject to the same laws of the universe. We can also understand this through the analogy of cerebral plasticity. The brain and the plant are both organized as branching networks, just as our thoughts are. When a node or a branch of the tree is occluded — yet the system as a whole still needs to persevere in its being — the function once orchestrated by the part that is no longer in the system ends up, in a more or less effective and more or less coherent way, being taken over by the new parts: the new cells, the new branches growing in its place.